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Marie-Francine sur TF1 : c’est quoi cette comédie dramatique de et avec Valérie Lemercier ?

Marie-Francine de et avec Valérie Lemercier

Inédit à la télé, Marie-Francine est diffusé ce soir, dimanche 25 juillet à 21h05 sur . Valérie Lemercier se met en scène dans cette comédie dramatique sur la crise de la quarantaine dans laquelle on retrouve également Patrick Timsit.

Étant donné que les personnes qui traversent la crise de la quarantaine préfèrent peut-être passer sous silence le fait que tout n’est plus qu’amusement, jeux et peau tendue, il semble presque approprié que la dramédie française aigre-douce – l’accent est mis sur l’amertume – Marie-Francine est vendue comme quelque chose de plus simple et de plus attrayant : une comédie populaire directe. Cela dit, la véritable raison de cet appât marketing tient probablement davantage au fait que la réalisatrice, la vedette et la coscénariste Valérie Lemercier est surtout connue pour ses rôles dans des divertissements grand public, notamment Les Visiteurs, Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté et Le petit Nicolas. Et que sa dernière réalisation en tant que réalisatrice, 100% cachemire, qui tentait également de fusionner différents genres, n’a pas été bien accueillie par la critique et le grand public.

Le pari semble avoir porté ses fruits cette fois-ci, puisque cette modeste comédie romantique sur la crise de la quarantaine est devenu le succès inattendu de la saison 2017, avec une augmentation de 23 % des ventes de billets au cours du quatrième week-end. Le décompte final avoisinait les 900 000 entrées en France, où les titres purement grand public sont considérés comme un succès s’ils franchissent la barre du million. Les distributeurs habitués à commercialiser des films français auprès d’un public plus âgé à l’étranger devraient y jeter un œil, tandis que les droits de remake pourraient intéresser les producteurs avisés à la recherche de films féminins destinés à une tranche d’âge encore mal desservie.

MARIE-FRANCINE - Bande-annonce

Au début de l’acte deux de Marie-Francine, Marie-Francine (Valérie Lemercier), 50 ans, chercheuse en chimie au chômage, a ouvert une boutique de cigarettes électroniques sur l’insistance de ses parents petits-bourgeois bien intentionnés mais autoritaires (Hélène Vincent, Philippe Laudenbach). Marie-Francine s’est installée temporairement chez eux après que son mari, l’ennuyeux et un peu triste Emmanuel (Denis Podalydes), l’a quittée pour une femme plus jeune la même semaine où elle a été licenciée de son travail.

Cette configuration simple suggère que le film pourrait être un drame conventionnel ou peut-être une comédie dramatique, et pendant une bonne partie de sa durée, il semble osciller doucement entre les deux. Mais il y a quelques exceptions, comme le moment incongru où Emmanuel se présente à la boutique, mal déguisé en vieille dame, pour pouvoir parler à Marie-Francine, avec qui il est techniquement toujours marié mais qui refuse de lui parler depuis leur séparation brutale.

Mais ce qui est fascinant ici, c’est que Valérie Lemercier, qui a coécrit le film avec Sabine Haudepin, ne joue pas vraiment ce moment pour faire rire. Au contraire, il offre un aperçu du désespoir du personnage d’Emmanuel sous cette perruque ridicule. Marie-Francine est peut-être en pleine crise de la quarantaine, vivant chez ses parents et vendant des cigarettes alors qu’elle devrait faire des recherches sur le cancer, mais ce moment montre clairement que son mari volage a lui aussi du mal à gérer la situation, même si – ou peut-être surtout parce qu’il en est en grande partie responsable.

Le retour d’une quinquagénaire au domicile parental peut évidemment donner lieu à une comédie pure, mais là encore, les rires ne sont jamais hilarants et sont souvent accompagnés d’un malaise ou d’un regret gênant. Il n’y a rien de la farce d’un film comme Back to Mom’s, qui a fait sensation au box-office l’an dernier, dans lequel une femme de 40 ans retournait vivre chez sa mère, avec des résultats hilarants.

Ici, Valérie Lemercier préfère se concentrer d’abord sur la psychologie crédible de ses personnages, en faisant comprendre que Marie-Francine ne veut pas être traitée comme une jeune fille de 14 ans par ses parents, qu’elle ne veut pas faire un travail qui ne l’intéresse pas – elle ne fume même pas, du moins pas au début – et qu’elle ne veut certainement pas finir seule comme une vieille fille. Elle ne veut pas non plus rester avec un homme pour de mauvaises raisons. Lemercier souligne encore plus l’abattement de son personnage en lui donnant deux filles adolescentes (qui sont restées avec leur père) et deux parents, qui semblent tous assez indépendants et plutôt heureux.

Le film n’a pas non plus de partition originale pour renforcer ses accents comiques, mais s’appuie sur des choix musicaux existants, souvent teintés de mélancolie, de la Danse macabre de Saint-Saëns, au nom morbide, aux chansons de la superstar du fado Amalia Rodrigues.

Le fado portugais préfigure également l’arrivée de Miguel (Patrick Timsit), un cuisinier d’origine portugaise qui travaille dans le restaurant voisin de la boutique d’e-cigarettes de Marie-Francine et qui commence à lui préparer tous les jours des petits bols de nourriture fraîche pour le déjeuner lorsqu’il découvre qu’elle ne mange pas très bien.

Tous deux ont aussi des secrets : Miguel vit toujours chez ses parents, même s’il est trop gêné pour l’avouer à Marie-Francine, et celle-ci a une sœur jumelle, Marie-Noëlle (également Lemercier), qu’il confond à un moment avec elle parce qu’il ne sait pas qu’elle existe. Il s’agit dans les deux cas de procédés comiques classiques qui pourraient provenir de l’œuvre de quelqu’un comme Goldoni. Mais ici aussi, Lemercier semble plus intéressé par les effets psychologiques, par exemple, des mensonges de Miguel sur ses conditions de vie que par le potentiel de malentendus et de quiproquos hilarants.

Le glissement progressif de l’histoire vers le territoire de la comédie romantique est quelque peu inattendu, mais aussi plutôt charmant, même si, comme dans le film précédent de Lemercier, le final féerique, qui met en scène les deux amants regardant les toits enneigés de Paris, semble injustifié. Le public s’attache aux personnages, tous joués dans un registre à peine plus stylisé que le réalisme pur et simple, et souhaite leur bonheur. Mais il est difficile d’accepter une fin aussi claire et heureuse, alors que presque tout le film qui la précède semble suggérer que la vie est bien plus désordonnée, complexe et fascinante.

Pour rappel, Marie-Francine est diffusé ce dimanche 25 juillet 2021 à 21h05 sur TF1.