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Dilili à Paris sur Arte : un film d’animation dans le Paris de la Belle Époque à voir absolument

Dilili à Paris, film d'animation de Michel Ocelot

Huit ans après le film d’animation par ordinateur “Kirikou et les hommes et les femmes”, le spécialiste de l’animation et réalisateur Michel Ocelot revient. Ici, l’homme de 76 ans pose surtout des questions sur la peur de l’aliénation, l’identité propre et l’appartenance. Des sujets et des contenus qui sont plus que jamais d’actualité. Dilili à Paris révèle tout cela sous la forme d’un film d’animation complexe et profond qui fait réfléchir et tire un trait sur le présent.

De quoi parle Dilili à Paris ?

Dilili, une jeune fille éduquée et courageuse, voyage seule de la Nouvelle-Calédonie à la France. Elle rencontre le garçon messager Orel et tous deux décident d’explorer le Paris passionnant de la Belle Époque. Au début de l’avant-dernier siècle, la capitale française regorge de célébrités de la scène culturelle et scientifique de l’époque. Dilili et Orel rencontrent notamment l’auteur et anarchiste Louise Michel, le peintre impressionniste Pierre-Auguste Renoir et la légendaire actrice Sarah Bernhardt, mais leur séjour n’est pas seulement marqué par des rencontres passionnantes mais aussi par des aventures dangereuses. Car une mystérieuse vague d’enlèvements, dont les victimes sont des petites filles, tient en haleine la ville de l’amour. Les suspects sont un groupe secret d’hommes qui préparent des méfaits sous le nom de code “Les Seigneurs du Monde”. Dilili et Orel décident de mener leur propre enquête et de libérer les filles disparues. Mais cela met particulièrement en danger la petite Dilili, qui est depuis longtemps dans l’ombre de sinistres personnages …

Dilili à Paris - de Michel Ocelot - Bande-annonce

Notre avis sur Dilili à Paris

Au début, c’est une ambiance joyeuse, carrément euphorique qui prévaut, ce qui est particulièrement évident lorsque Dilili arrive à Paris. Dans les scènes où elle crie littéralement son enthousiasme et son excitation, sa joie de vivre semble très contagieuse. Elle a le même zeste d’action lorsqu’il s’agit de résoudre les cas d’enlèvement. Même si Ocelot néglige malheureusement de plus en plus le mystère des jeunes filles disparues et les “enquêtes” des deux personnages principaux, au plus tard à partir du milieu du film. Cela peut être dû au fait que ces cas d’enlèvement, dans lesquels une mystérieuse société secrète est impliquée, confèrent déjà au film une note sombre et lugubre – et Michel Ocelot ne voulait pas rendre son œuvre encore plus sinistre et menaçante en plaçant la narration entièrement centrée sur la recherche des auteurs.

Il s’attache plutôt à dépeindre l’âge d’or de la Belle Époque. Il s’agit d’une phase de l’histoire de l’Europe qui a duré environ 30 ans, pendant laquelle de nombreux pays ont connu un essor économique et les populations ont été épargnées par les guerres. L’art s’épanouit et les gens profitent de la vie dans les music-halls, les cafés, les salles de concert et les galeries, surtout à Paris. A ce stade, Ocelot fait preuve d’une grande attention et d’un grand sens du détail lorsque Dilili s’arrête au célèbre Moulin Rouge, visite le magnifique Opéra de Paris ou s’émerveille du poids et de la taille de la Tour Eiffel qui vient d’être construite. En outre, certains des plus célèbres artistes, scientifiques, écrivains, révolutionnaires et ingénieurs de l’époque font une apparition.

En bref, dans son film d’animation sophistiqué “Dilili à Paris” aux décors photoréalistes, l’artiste d’animation Michel Ocelot se plonge dans une époque révolue, mais les questions et les thèmes soulevés dans son nouveau film sont étonnamment d’actualité. Malheureusement, plus le film se prolonge, plus il perd de vue l’une des intrigues les plus importantes.

Avec Dilili à Paris, Michel Ocelot célèbre non seulement l’âge d’or de la Belle Epoque, mais aussi le militantisme féminin et une amitié qui surmonte les préjugés et la xénophobie. Un film familial merveilleusement animé et très éducatif qui n’hésite pas à aborder des questions complexes telles que le racisme, la lutte des classes et l’oppression des femmes.