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Comment une classique britannique négligée a présenté la meilleure performance de Sean Connery

En effet, il y a un manque remarquable de vanité dans la performance de Connery. Renonçant au morceau de cheveux sur lequel il s’appuyait en tant que Bond, sa racine des cheveux en recul est bien visible et le scénario offre peu d’opportunités pour son fanfaronnade caractéristique. Le Trooper anti-héroïque Roberts est dépouillé de la physicalité et du sex-appeal habituels de Connery, ce qui lui permet de se dégourdir les jambes en tant qu’acteur dans des moments de complexité morale et de faiblesse.

Un tel épisode crucial arrive dans l’acte final du film lorsque Roberts, ensanglanté et épuisé après des jours d’abus, s’effondre lors d’une confrontation verbale. Contrairement aux professionnels suaves et contrôlés avec lesquels Connery était généralement identifié, Roberts est un homme brisé toujours au bord de la perte de contrôle. Considérée dans le contexte de son statut de superstar à l’époque, c’est une performance courageuse et remarquablement vulnérable.

Bien que Connery reçoive la meilleure note, son nom arrivant avant même le titre du film dans le générique d’ouverture, le scénario de Ray Rigby pour La colline est vraiment une pièce d’ensemble. L’éclat de Connery est plus que égalé par une performance malveillante de Harry Andrews, qui en fait un formidable antagoniste sous la forme du tyrannique RSM Wilson. Il y a aussi un virage intense de la part d’Ossie Davis en tant que soldat Jacko King, un prisonnier antillais qui subit des abus raciaux de la part des gardiens du camp et de ses codétenus, et qui finit par s’allier avec Roberts dans sa campagne contre les autorités cruelles.

Décrivant l’establishment militaire britannique comme ignorant, insensible et vicieux, le film évite les pièges typiquement optimistes et patriotiques des films de guerre britanniques de son époque, ce qui peut expliquer sa sous-performance relative au box-office. Récompensé par les censeurs britanniques d’une inquiétante note «X» à sa sortie, il brosse un tableau sombre et sans compromis de la barbarie masculine qui fleurit en temps de guerre et du courage moral nécessaire pour y faire face.

Rarement célébré avec la même vénération que les blockbusters Bond de Connery des années 60, La colline reste un classique britannique sous-jacent qui a néanmoins illustré l’immense gamme d’acteur de la superstar écossaise et l’a placé en bonne place pour le moment venu de retirer le permis de tuer de 007. Il a fait quatre autres films avec Lumet, notamment le drame policier sombre de 1973, L’offense, mais aucun ne correspondrait à l’intensité dramatique ou au radicalisme politique La colline.