Volvo élargit la campagne de rappel de l’EX30 après l’identification d’un risque d’incendie lié à la batterie. De nouveaux véhicules sont concernés. Le constructeur précise les mesures à suivre pour les propriétaires.
Volvo élargit le rappel de son SUV électrique EX30 à une échelle bien plus large que prévu. Au total, environ 40 000 véhicules sont désormais concernés dans le monde, toutes versions confondues.
Le motif est sérieux : un défaut potentiel du pack batterie haute tension pourrait provoquer une surchauffe, puis un court-circuit, avec à la clé un risque d’incendie. Le point le plus inquiétant, c’est que le scénario pourrait se produire même à l’arrêt, véhicule éteint.
Pour les clients, l’enjeu dépasse la simple formalité de passage en atelier. Volvo demande des mesures immédiates au quotidien : privilégier le stationnement dehors et limiter la charge. Un rappel, ce n’est jamais anodin ; sur une voiture affichée à partir de 37 500 €, on attend une gestion irréprochable.
Un rappel qui change d’échelle, et un risque qui ne se limite pas à une version
Le rappel ne vise pas une configuration exotique ni une série ultra-limitée : Volvo indique que toutes les variantes de l’EX30 sont potentiellement concernées, aussi bien en single motor (un moteur) qu’en dual motor (deux moteurs). Surtout, cette campagne élargie arrive après une première vague beaucoup plus restreinte annoncée en début d’année, signe qu’une vérification plus poussée a conduit le constructeur à revoir l’ampleur du problème. Difficile de ne pas y voir un sujet de traçabilité et de contrôle qualité sur un composant central : la batterie. Le pack incriminé provient d’un fournisseur identifié, Shandong Geely Sunwoda Power Battery Co., une coentreprise liée à Geely, maison-mère de Volvo. Sur le fond, la chaîne d’approvisionnement des batteries est mondiale et complexe, personne ne découvre ça en 2026. Le problème, c’est que quand le défaut touche un organe aussi critique, la conséquence ne se résume pas à une autonomie qui baisse : on parle de sécurité, de stationnement et d’un véhicule qui peut devenir problématique… sans même rouler.
Ce que Volvo demande aux propriétaires : stationnement dehors, charge limitée, et vigilance au tableau de bord
Volvo n’évoque à ce stade aucun accident, aucun incendie ni aucune blessure liés à ce défaut. Le rappel se veut donc préventif. Préventif, d’accord, mais la consigne donnée aux propriétaires n’a rien de confortable : le constructeur recommande d’éviter de garer l’EX30 à l’intérieur ou à proximité immédiate d’un bâtiment, si possible. En clair, si vous vivez en ville, que vous payez un parking sous-sol, ou que votre copropriété impose un stationnement intérieur, la recommandation tombe mal.
Autre demande : ne pas recharger au-delà de 70 % de capacité. Ce plafond n’est pas choisi au hasard : limiter la charge réduit la contrainte sur la batterie et peut diminuer le risque en cas de défaut interne. Dans la vraie vie, ça change l’usage. L’EX30 est annoncé jusqu’à 440 km WLTP selon versions ; avec une charge bridée à 70 %, l’autonomie disponible fond mécaniquement. En conduite réelle, selon le style de conduite, la température et le type de trajet, on se retrouve vite avec une marge qui peut devenir pénible pour ceux qui comptaient sur une recharge à 80-90 % pour partir sereins.
Volvo indique aussi qu’un message d’alerte de surchauffe peut apparaître au combiné d’instrumentation (l’écran derrière le volant) si le véhicule présente le défaut. Là encore, c’est utile, mais pas rassurant : personne n’a envie de scruter son tableau de bord en se demandant si la voiture va signaler un problème de batterie. Dans ce contexte, la consigne de base reste simple : prudence sur le stationnement et charge limitée tant que l’intervention n’a pas été réalisée.
La correction : remplacement de modules batterie, mais un calendrier encore flou
La solution annoncée passe par un passage en concession pour installer de nouveaux modules de batterie. Volvo affirme que le problème a été corrigé en production, ce qui suggère un défaut circonscrit à une période de fabrication et non à la conception globale du modèle. Reste un point qui fâche : pas de calendrier précis communiqué pour contacter tous les propriétaires et planifier les interventions. Or, tant que le véhicule n’est pas modifié, les contraintes restent là : stationner dehors quand on peut, éviter les bâtiments, et vivre avec une recharge plafonnée à 70 %. Sur un SUV électrique urbain justement vendu comme pratique, accessible et rassurant, le contraste est brutal. L’EX30 a de bons arguments sur le papier, avec un ticket d’entrée à 37 500 € (hors bonus) et une autonomie qui peut monter à 440 km WLTP ; mais un rappel de cette ampleur, avec des consignes aussi intrusives, laisse une trace. On attendait mieux, soyons honnêtes : sur une voiture récente, la priorité absolue n’est pas de jongler avec des recommandations de stationnement, mais de rouler et recharger normalement, sans se poser de questions.

