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Un moment d’égarement sur W9 : un amour interdit au programme ce soir avec Vincent Cassel et François Cluzet

Un moment d'égarement

rediffuse ce soir, mardi 10 août à 21h05, Un Moment d’égarement, le film de Jean-François Richet de 2015 qui n’est autre que le remake du film du même nom de 1977 de Claude Berri. En vedette, François Cluzet, Vincent Cassel, Lola Le Lann et Alice Isaaz.

De quoi ça parle ?

Antoine (François Cluzet) et Laurent (Vincent Cassel) sont deux amis de toujours qui passent leurs vacances en Corse avec leurs filles. D’une part Louna (Lola Le Lann) 17 ans, la fille d’Antoine, et d’autre part Marie (Alice Isaaz) 18 ans, la fille de Laurent.

Si les deux jeunes filles commencent leurs vacances par d’interminables nuits de fête, les choses se gâtent lorsque Louna tente de séduire Laurent, le père de Marie, un soir sur la plage. Louna tombera amoureuse de lui, mais comment Marie et Antoine réagiront-ils lorsqu’ils découvriront toute l’affaire ?

Un moment d’égarement est basé sur un scénario original du réalisateur et producteur Claude Berri, décédé en 2009, à qui le film est dédié. Il s’agit d’un remake du film éponyme de 1977 de Claude Berri. Le réalisateur de Jean de Florette et Germinal, titres représentatifs d’un certain type de cinéma français, de grande production, académique, de qualité ancienne, n’a que peu de rapport avec l’œuvre de Jean-François Richet, le cinéaste responsable de ce remake.

Un moment d'égarement avec Vincent Cassel et François Cluzet - Bande-Annonce

Notre avis sur Un moment d’égarement

Qu’un cinéaste adapte un autre film avec lequel il n’a aucune relation (personnelle, générationnelle, affective, créative) n’est pas un problème. Ce qui pose problème, c’est que le résultat est un produit qui s’éloigne complètement du style et des intérêts de la personne responsable de cette nouvelle version. Le cinéma de Berri et celui de Richet se ressemblent autant qu’un œuf à une châtaigne, du moins si l’on pense au Richet agité et nerveux de Ma 6-T va crack-er, l’homme responsable du vibrant remake d’Assaut sur le central 13 et l’auteur du diptyque épique et convulsif Mesrine (L’Instinct de Mort et L’Ennemi public N°1). On a du mal à comprendre ce que Richet – dont le film suivant, Blood Father, un thriller américain un peu vieillot au service de Mel Gibson, est aussi une énigme – fait aux commandes d’un tel projet, mais on a vu plus étrange.

Un moment d’égarement tourne autour de la relation entre deux hommes mûrs (l’un séparé, Vincent Cassel, l’autre sur le point de l’être, François Cluzet ; Jean-Pierre Marielle et Victor Lanoux dans l’original) et leurs deux filles adolescentes (Alice Isaaz et Lola Le Lann ; Christine Dejoux et Agnès Soral dans la première version) pendant les jours d’été apparemment tranquilles qu’ils passent en Corse (Saint-Tropez, plus hédoniste, dans le film de Berri). Le conflit est minime, au-delà de l’idée perverse que les deux filles n’obtiennent un ordinateur et un iPhone que si elles se tiennent dans le cimetière familial. Mais la fille de Cluzet tombe amoureuse de Cassel, il se laisse séduire un soir sur la plage après une fête, sa fille découvre leur relation, et l’entente entre eux quatre se fissure lentement.

Le principal problème du film est que, pendant une grande partie de sa durée, il se consacre à la frivolité d’un sujet “sérieux”, puis, dans un revirement malencontreux, il se transforme en un drame grave avec, à la fin, une sorte de rédemption pour tous les participants à l’histoire. Cluzet est très surjoué, tandis que Cassel fait de son mieux pour tempérer les réactions confuses et ambiguës de son personnage. Richet filme avec délectation le processus de séduction, puis, fait louable, ne porte aucun jugement moral sur ce qui se passe. Le meilleur personnage est la fille de Cassel, blessée par son père qui a couché avec sa meilleure amie, mais en même temps sereine et incisive. C’est dommage qu’elle soit le personnage le moins développé du film.