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Philippe Etchebest, un chef rassembleur et solidaire

Chef aussi doué qu’explosif, Philippe Etchebest joue la carte de la solidarité dans un contexte sanitaire et économique difficile.

Porte-parole de milliers de restaurateurs en cette période de crise, il n’a pas hésité à faire entendre la voix de ces confrères qui subissent de plein fouet les conséquences de l’épidémie de Covid-19. Effectivement, avec les mesures sanitaires strictes entrant en œuvre dans la deuxième phase du plan de déconfinement, beaucoup de restaurants auront du mal à survivre.

Des contraintes difficilement soutenables

L’ouverture des bars et des restaurants est soumise à des contraintes très strictes. « Grande cuisine », terrasse spacieuse, et port de masque obligatoire pour tous les employés. Le protocole sanitaire à suivre est très dur sur l’homme. Avec ces conditions, Philippe Etchebest doute que des restaurateurs puissent survivre longtemps à cela.

« Il y en a énormément qui ne pourront pas reprendre, car avec la distance d’un mètre, de 30 couverts dans une petite salle, ils vont peut-être passer à 10. Et donc, le seuil de rentabilité ne sera pas atteint, » raconte le chef, connu pour son franc-parler dans son programme phare sur M6 Cauchemar en cuisine.

 

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Des propos qui trouvent naturellement écho auprès des professionnels du secteur restaurant. L’objectif est donc très simple, minimiser au maximum les impacts de la crise sanitaire auprès de tous les restaurateurs. Des mesures qui, à terme, doivent sécuriser l’emploi d’environ 2 millions de personnes réparties dans les quelque 220 000 bars et restaurant que compte la France.

« On a le sentiment de ne pas être pris au sérieux, regrette-t-il. La réouverture n’est pas synonyme de fin de crise, il faut absolument que l’État nous aide […] Une fois de plus, si rien ne bouge d’ici la fin de l’année, il y aura 40 % de fermetures de restaurants » estime le MOF (Meilleur Ouvrier de France), qui lui-même a enregistré 300 000 € de pertes durant le confinement.

Des mesures financières à mettre en place

Entre autres mesures, le propriétaire du « 4e mur » situé dans le quartier chic de Bordeaux estime qu’une « exonération des charges pour tous » serait la bienvenue. Mais pour accompagner cette mesure, il faut que le gouvernement assure aussi le maintien des chômages partiels pris en charge par l’État.

« Vous pouvez vous séparer de vos effectifs avec le chômage partiel […] mais il y a une chose qui reste : ce sont les frais fixes sur lesquels on se bat depuis des semaines et des semaines. Il faut trouver un moyen pour que ces frais soient couverts… ce que ne donnent pas l’État et les assurances maintenant, ça va coûter beaucoup plus cher après, car on comptera le nombre de faillites […] et le chômage de masse qui va arriver », s’alarme-t-il. « C’est maintenant que les restaurants ont besoin d’aide, c’est maintenant qu’ils sont en train de crever. »

Interview Philippe
Source : Capture sur Youtube

Le chef appréhende un peu aussi le retour des clients comme il le confie dans son interview : « On a tous un peu peur de ça. Mais on voit que les gens sont contents de sortir. J’espère qu’ils seront au rendez-vous. C’est à nous de leur donne confiance et de leur donner envie de revenir. Sans que nos établissements ne ressemblent à des Ehpad ou à des hôpitaux. Pour moi, les plexis c’est non. Je préfère séparer mes tables un peu plus. Il faut éviter les cartes à rallonge et multiplier les services ». Effectivement, pour le moment, les Français se méfient encore un peu de ce presque retour à la normale. En effet le virus est encore présent.