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Paris : de violents affrontements entre la police et les manifestants

Après la manifestation, au moins 24 personnes ont été arrêtées, demandant plus de ressources pour financer les hôpitaux publics et les systèmes de santé. 

Mardi à midi, des milliers de personnes environ 18 000 (selon la police) se sont rassemblées devant le ministère de santé de Paris, tandis que dans l’Hexagone, moins de 220 rassemblements étaient prévus. Les manifestants réclamaient davantage de moyens pour soutenir les hôpitaux publics et l’ensemble du système de santé en général lors du premier rassemblement autorisé dans le pays depuis le confinement.  

De nombreux infirmiers, aides-soignants, médecins, brancardiers, aides à domicile, mais aussi quelques Gilets jaunes, se sont retrouvés derrière le slogan « Il est urgent d’agir ». Des pancartes « Hôpital asphyxié/I can’t breathe » (« Je ne peux pas respirer »), qui fait référence au mouvement « Black lives matter », mais aussi « Ségur = imposture », pour dénoncer les concertations en cours sur les salaires et l’organisation du système de santé, ont été brandies. 

« Ce qui se passe en ce moment est inacceptable »  

À la fin de la manifestation, il y a eu un incident entre la police et des centaines de manifestants vêtus en noir, présentés comme un « pré-cortège agressif » par la préfecture de police. En particulier, une voiture a été renversée et un bus est devenu la cible de l’éjection de projectiles. La police a répondu avec du gaz lacrymogène. 

Alors que le cortège arrivait sur l’esplanade des Invalides, les affrontements entre la police et ces manifestants se sont poursuivis. Dans une atmosphère chaotique, les CRS ont lancé plusieurs charges. Plusieurs vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent spécifiquement que plusieurs policiers ont violemment interpellé une soignante.  

La préfecture de police a annoncé vers 18 h 30 sur Twitter qu’au moins 32 personnes avaient été interpellées. Dans un autre message, ses services déplorent que cette « manifestation déclarée et autorisée » ait été « gâchée par les exactions commises par des casseurs qui n’ont rien à voir avec les soignants » et « dénonce ces comportements violents ». 

Interpellation de la police sur l’esplanade des Invalides 

Chez les soignants et les dirigeants syndicaux, cette situation est frustrante. « On est là pour nos salaires, pour la sauvegarde de l’hôpital public et on se retrouve avec certains manifestants qui insultent la police », déplore Hélène, infirmière depuis 15 ans en Seine-et-Marne, quand elle entend scander « tout le monde déteste la police ». « On va s’éloigner des messages principaux. Or, il faut sauver l’hôpital public qui ne doit pas devenir une entreprise… » 
« C’est inadmissible ce qui se passe aujourd’hui », lâche une autre soignante, regrettant la tournure que prend la manifestation. Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, a fait part sur BFMTV de son « écœurement ». « On nous a volé cette manifestation, c’est dégueulasse », a-t-il déploré.