Nous finirons ensemble sur M6 : faut-il voir la suite des Petits Mouchoirs de Guillaume Canet ?

Nous finirons ensemble est la suite des Petits Mouchoirs réalisé par Guillaume Canet avec entre autre François Cluzet, Marion Cotillard, mais aussi Jean Dujardin

Nous finirons ensemble, la suite des petits mouchoirs

Après la diffusion des Petits Mouchoirs la semaine dernière, nous propose ce mardi 12 octobre à 21h05 la suite intitulée Nous finirons ensemble.

Les Petits Mouchoirs, dirigé par l’acteur devenu réalisateur Guillaume Canet, a connu un succès monstre inattendu lors de sa sortie en 2010, avec 5,2 millions d’entrées surpassant les films de super-héros ! Il est donc surprenant qu’il ait fallu près de 10 ans à Guillaume Canet et à sa joyeuse bande d’acteurs, dont sa compagne Marion Cotillard, François Cluzet d’Intouchables ainsi que Gilles Lellouche, Laurent Lafitte et Benoît Magimel, pour donner une suite à ce qui se résumait essentiellement à une version très française de Les Copains d’abord de 1983 avec notamment Glenn Close.

Intitulé Nous finirons ensemble, ce film est sorti le 1er mai 2019 en France, suggérant que c’est peut-être la dernière fois que nous voyons ce groupe d’amis se chamailler, se saouler et/ou se défoncer et se dire ce qu’ils ressentent vraiment. Les suites marchent généralement moins bien que le film original mais dans le cas de Nous finirons ensemble, il faut avouer que ça fonctionne plutôt bien.

De quoi parle Nous finirons ensemble ?

Quelques années se sont écoulées depuis que Max (Cluzet), restaurateur d’âge mûr, a reçu ses amis dans sa magnifique maison d’été située dans le quartier chic de la plage du Cap Ferret. Bien qu’un de leurs amis, Ludo (Jean Dujardin), soit à l’hôpital après un grave accident, Max et sa bande de copains tentent de profiter au maximum de leurs vacances. Mais comme les choses ne se sont pas déroulées comme prévu dans Les Petits mouchoirs, ils ne se sont pas beaucoup revus depuis.

Nous Finirons Ensemble - Bande-annonce officielle HD

Contrairement au décor estival de carte postale du premier volet, Nous finirons ensemble s’ouvre sur la saison morte. Max et sa femme, Véro (Valérie Bonneton), sont en train de divorcer, et il vend la maison d’été pour rembourser une dette due à un mauvais investissement. Deux types d’ennuis apparaissent presque immédiatement à l’horizon : Le groupe d’amis de Max a décidé de lui rendre visite pour une fête surprise à l’occasion de ses 60 ans, alors qu’ils ne l’ont pas vu depuis longtemps, et ni Véro ni aucun de ces anciens amis ne savent qu’il a l’intention de vendre l’endroit où ils espèrent rester quelques jours.

Au cours des années qui se sont écoulées depuis leur dernière rencontre, certaines choses ont changé. Le chiropracteur Vincent (Benoit Magimel), qui avait avoué de façon inattendue son amour pour Max, un hétéro à 100 %, dans le premier volet, se présente maintenant avec un amant plus âgé, Alex (le chorégraphe Mikaël Wattincourt). Mais Isabelle (Pascale Arbillot), la désormais ex-femme de Vincent, fait toujours partie du groupe d’amis, ayant trouvé un nouveau souffle après son divorce grâce aux applications de rencontre. Marie (Marion Cotillard), qui était une présence si ensoleillée dans l’original, semble être la plus affectée par la mort de Ludo, même après toutes ces années, fumant, buvant et jurant pour noyer la douleur et repousser ses responsabilités de mère d’un jeune garçon.

Le jovial Eric (Gilles Lellouche), acteur célèbre, et son maladroit copain-assistant, Antoine (Laurent Lafitte), ont encore du mal à concilier leur relation professionnelle et leur amitié déclarée, ce qui donne lieu à quelques plaisanteries amicales. Et, plus généralement, c’est une bonne nouvelle pour les amateurs de comédie loufoque que le maladroit Antoine n’ait visiblement pas beaucoup muri depuis la dernière fois que nous l’avons vu, nécessitant un sauvetage dans certains cas et l’aide d’un médecin dans d’autres.

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Rires et larmes toujours au programme

Comme dans le premier film, les uns s’enivrent, les autres sont excités, des secrets sont révélés, les gens dansent sur des chansons célèbres (Nena, Cyndi Lauper et Donna Summer sont quelques-uns des artistes de la bande son) et tout le monde devient soudainement introspectif lorsque leur défunt copain Ludo est évoqué dans la conversation. Bien que la recette n’ait rien d’original lorsque le premier film l’a utilisée, pendant environ la première heure, la formule fonctionne assez bien ici aussi.

Mais dans la seconde moitié (spoilers à venir dans ce paragraphe) le rythme tranquille s’accélère considérablement, alors que de nombreuses intrigues secondaires prennent forme. C’est là que Guillaume Canet, qui a coécrit le scénario avec Rodolphe Lauga, commence à ignorer les personnages au profit d’une approche plus axée sur l’intrigue. Le problème est que certains des points de l’intrigue, dont, notamment, une tentative de suicide et une possible noyade en mer de quelqu’un qui a été le plus souvent ignoré et qui risque de disparaître à jamais, nécessitent une compréhension psychologique des personnages qui est pratiquement perdue parce que les choses vont très vite. La belle intrigue secondaire impliquant la relation complexe entre Vincent, son amant, Alex, et son ex-femme, Isabelle, plus spontanée, semble initialement offrir une vision plus nuancée de la sexualité contemporaine que celle que l’on trouve dans la plupart des films français grand public. Mais Guillaume Canet ne trouve pas de place pour une scène qui permettrait de résoudre certaines des questions fascinantes que ce fil narratif soulève.

En ce qui concerne l’écriture, il faut également noter que, malgré des thèmes sérieux comme les problèmes financiers ou les troubles mentaux, le film semble se dérouler dans une bulle bourgeoise blanche complètement détachée de la réalité française contemporaine. Il n’y a aucune mention de ce qui pourrait ressembler à des mouvements sociaux (comme les gilets jaunes) ou à d’éventuelles menaces terroristes ou d’extrême droite pour le pays. En outre, il n’y a pratiquement aucun personnage de couleur en vue, ce qui donne l’impression d’être un reflet irréel de la France d’aujourd’hui.

Les acteurs sont tous enjoués et semblent à l’aise au sein de la distribution du film, se contentant de briller dans une ou deux scènes chacun, tout en restant en retrait pour la plupart des grandes séquences collectives. D’un point de vue purement technique, il s’agit d’un autre effort très soigné. Mais espérons que Guillaume Canet mettra ses considérables talents de metteur en scène au service d’un matériau nouveau et plus inclusif dans son prochain film intitulé Lui, qui sortira au cinéma le 27 octobre prochain avec Virginie Efira, Mathieu Kassovitz et Guillaume Canet lui-même.

En attendant, si vous avez envie de prolonger l’émotion des Petits Mouchoirs, n’hésitez pas et regardez Nous finirons ensemble ce soir, mardi 12 octobre à 21h05 sur M6.