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Netflix, Disney+, Amazon Prime : au chevet d’un cinéma malade ?

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La pandémie de Covid-19 n’a pas épargné les industries culturelles, notamment celle du cinéma. En effet entre des productions qui ne tournent plus, des intermittents qui sont en danger, le risque de voir des milliers d’emplois disparaitre est réel.

Selon Sam Mendes, le réalisateur de 1917 (prix de la meilleure photographie, mixage sont et effets visuels aux Oscar 2020), c’est le rôle des plateformes de streaming d’aider l’industrie du cinéma à passer cette crise qui risque de tout remettre en cause.

D’un point de vue économique, le monde du cinéma tourne au ralenti, voire pas du tout. Avec des tournages à l’arrêt, des salles de cinéma closes, les sorties de films reportées, le monde du cinéma est actuellement un nid à problème.

Sam Mendes
Sam Mendes, le réalisateur de 1917
Source : Capture via Youtube

Pourtant au plus fort de la crise, des « acteurs » du monde du cinéma ont vu leurs activités exploser : il s’agit ici bien évidemment des plateformes de streaming. Il s’agit entre autres du géant américain Netflix en tête suivi de Disney + qui s’est implanté en Europe avec des résultats au-delà de leurs prévisions les plus optimistes. HBO Max ne boxe pas pour le moment dans la même catégorie que ces ceux-là. Le monde du streaming est un champ de bataille dominé par les plus forts (Netflix, Disney +, Amazon Prime…) et où les « petits » essayent de se faire une place (on pense notamment à Quibi).

Plus de responsabilité pour les plateformes de streaming

Sam Mendes a longuement débattu sur le sujet au cours d’une interview avec le Financial Times. Et pour lui, il est clair que les plateformes comme Netflix et Amazon Prime doivent soutenir la reprise et la relance de l’industrie du cinéma.

« Alors qu’un pourcentage énorme de travailleurs a souffert ces trois derniers mois, il y en a aussi beaucoup que la Covid-19 a rendu riches. Il serait profondément ironique que les services de streaming — Netflix, Amazon Prime et autres — puissent se faire des millions grâce aux talents des meilleurs acteurs, producteurs, scénaristes et réalisateurs, alors que la culture artistique qui a nourri ce réservoir de talents est laissée pour compte ».

« Y a-t-il quelqu’un parmi ces gens qui soit prêt à utiliser une partie de la manne financière qu’ils ont générée grâce à la Covid-19 pour aider ceux qui ont été mortellement touchés ? Si oui, j’espère qu’ils lisent ceci et qu’ils sont capables de considérer le paysage artistique comme plus qu’un simple “fournisseur de contenu”, mais plutôt comme un écosystème qui nous soutient tous. »

Un maximum de bénéfices sur une période « morte »

Des mots et des phrases qui ne manquent pas de mordant et qui mettent en lumière une nouvelle réalité. Pendant toute la période de confinement, ce sont ces plateformes qui ont eu le plus de bénéfices. Pour Sam Mendes l’idée serait donc de redistribuer une partie des bénéfices qu’ils ont réalisés au profit d’autres acteurs du monde du cinéma.

Platforme film
Source : Capture sur Instagram

Une manière plus ou moins claire pour rappeler à ces plateformes que les films qu’ils diffusent ne sont pas arrivés là par hasard. Effectivement, un film passe par plusieurs étapes avant d’atteindre son plein potentiel. Un film doit suivre une chronologie précise avant de pouvoir amortir son cout de production et faire des bénéfices. Le cycle classique c’est sortie-cinéma, DVD et Blu-ray, VOD (Video on Demand) et SVoD. Un film doit d’abord être fait pour le grand écran. Ce sont là de belles intentions, mais difficile à mettre en pratique. Car oui, il n’existe aucune loi qui impose à ces plateformes de partager leurs revenus. Ce qui est surtout attendu c’est un élan de solidarité pour le monde du cinéma en général.