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Malasaña 32 sur Canal+ : De quoi est inspiré ce film d’horreur espagnol ?

Malasana 32, film d'horreur sur Canal+

Ce soir, mercredi 4 août à 21h08, nous propose un film d’horreur espagnol inédit à la télévision. Il s’agit de Malasaña 32. Ce long-métrage horrifique a fait couler beaucoup d’encre depuis sa sortie en Espagne l’année dernière.

L’intrigue tourne autour d’événements supposés réels qui se sont déroulés dans le quartier madrilène de Malasaña dans les années 1970. La rue s’appelle littéralement Manuela Malasaña et est pleine de légendes urbaines qui ont été capturées dans un film qui vous laisse sur le qui-vive. Le réalisateur chargé de mener à bien cette histoire est le Catalan Albert Pintó, qui avec son premier long métrage Matar a Dios a réussi en 2017 à remporter un prix au Festival international du film de Catalogne, lui ouvrant une voie dans le genre de l’horreur et le plaçant sans aucun doute sur la carte des cinéastes prometteurs non seulement dans son pays, mais aussi à l’international.

Malasaña 32 se concentre sur une famille qui quitte son village pour aller à Madrid, à la recherche d’améliorations dans de multiples domaines. Le troisième étage de l’immeuble où ils viennent habiter, au 32 Manuela Malasaña, est prometteur et quelque peu idyllique, mais les rêves commencent à s’évanouir, car une série d’événements malheureux se produisent et la famille est attaquée par des présences inconnues. Ces personnages sont une recréation des rumeurs et des légendes qui hantent la rue.

Pour Albert Pintó, il s’agit d’un film très spécial et d’un jalon pour continuer à raconter des histoires beaucoup plus complexes épicées d’horreur, comme il l’a avoué lors d’un entretien téléphonique que nous avons eu avec lui : “C’est un film d’horreur très unique, très espagnol, très authentique, qui situe les espaces, les intérieurs, l’atmosphère, et qui rend le public espagnol nostalgique, se souvenant des jouets de son enfance, des rues de son quartier, faisant resurgir les souvenirs de toute une époque…”.

Je voulais faire un film très bouleversant, qui ne fasse pas peur pour le plaisir de faire peur, dont on ne sache pas d’où va venir la surprise. Je voulais que la terreur soit ressentie tout au long du jour et de la nuit et qu’elle soit latente.

Malasaña 32 a été écrit par Ramón Campos qui a créé et produit des succès tels que Grand hotel, Velvet, Les Demoiselles du téléphone, entre autres. C’est Ramon Campos qui a proposé ce projet à Albert Pintó, qui l’a trouvé irrésistible, car, bien que le texte aborde des thèmes universels, il a ressenti une appartenance très intime au fait qu’il se déroule dans une rue aussi célèbre de Madrid, et le jeu de la nostalgie a donc fait appel à une multitude de choses.

Malasaña 32 - Tráiler Teaser

Dans quelle mesure Albert Pintó s’est-il inspiré d’autres films d’horreur pour créer Malasaña 32 ? Le Catalan s’est confié à ce sujet : “Il y a certainement des références, surtout dans ce bâtiment où tout est lié. Je n’y ai pas pensé intentionnellement, mais en tant qu’amoureux du genre, il y a évidemment des choses de Kubrick, Polanski, Rosemary’s Baby, Repulsion. J’aime cette horreur asiatique qui prend du temps à digérer. Cependant, Malasaña est très authentique dans sa narration et peu de choses étaient référentielles”.

Malasaña 32 se différencie également en abordant des thèmes universels au sein d’une histoire d’horreur, comme l’identité sexuelle, un sujet très actuel qui laisse un message précis : “Que la répression ne génère pas de monstres”. Mais dans quelle mesure Albert Pinto soutient-il l’évolution du streaming en tant que format de narration ? Rappelons que avec American Horror Story ou récemment Mike Flanagan avec The Haunting of Hill House ont trouvé dans les séries d’anthologie l’occasion d’expérimenter sur le petit écran l’horreur, le drame et la comédie en même temps, de manière évidemment cinématographique, mais sans perdre l’objectif de terrifier le spectateur :

“Il y a beaucoup d’histoires qui pourraient être racontées à partir du même bâtiment, d’autres fois, d’autres maisons dans la même rue. Je vais être honnête, je ne suis pas un grand fan de la série. Le grand plat dans un restaurant, c’est le cinéma et c’est là que réside mon principal intérêt…”.

J’aime raconter des histoires, je ne suis pas opposé à l’exploration d’autres genres. Mais sans aucun doute, les espaces, les atmosphères m’attirent. Je suis très accro aux films d’horreur, j’aime beaucoup le genre, c’est un cinéma fascinant qui vous fait vibrer, a-t-il ajouté.

Dans le cinéma indépendant, que ce soit en Espagne ou dans différents pays, il est toujours difficile de faire décoller un projet, mais pour un film d’horreur, le chemin est peut-être différent, car il est beaucoup plus chanceux que d’autres genres, comme le souligne Albert Pintó. Beaucoup diraient que le genre est égocentrique et qu’il tourne autour des mêmes prémisses, mais les cinéastes (peu nombreux, selon ses termes) donnent une tournure aux histoires et développent l’horreur de différentes manières :

“Je considère que nous sommes en Espagne à un moment relativement facile pour faire des films d’horreur que tout autre genre. Les gens dévorent l’horreur, ils aiment ça, c’est comme des montagnes russes qui les rendent euphoriques et les excitent, donc, de ce côté-là, je pense que le secteur est dans un très bon moment, non seulement en Espagne mais dans différentes parties du monde, grâce à d’autres voix qui se font entendre comme Ari Aster ou Robert Eggers”.

Produit par Bambú, Warner et Atresmedia Cine, Malasaña 32 fera sans aucun doute partie de l’intériorisation d’Albert Pintó, un cinéaste qui a 60 courts métrages à son actif, dont cinq professionnels ; il ne craint pas de ne pas être considéré comme un auteur pour n’avoir pas travaillé sur un scénario qui lui appartienne vraiment, car pour lui, interpréter le texte d’un autre à travers des images, c’est aussi faire partie d’un auteur, ce qui n’est pas farfelu. L’avenir du cinéaste ne fait que commencer :

“En ce moment, après avoir terminé la distribution de Malasaña 32, un autre film d’horreur est en préparation, et la seule chose que je peux vous dire, c’est qu’il s’agit d’exorcismes, donc de bonnes choses à venir, et vous le saurez bientôt”.

En attendant donc de découvrir d’autres films d’Albert Pinto, Malasaña 32 est diffusé ce mercredi 4 août à 21h08 sur Canal+.