Une lanceuse d’alerte dévoile les pratiques douteuses de Facebook avant l’audience du Congrès

Frances Haugen est la lanceuse d’alerte qui diffuse les Facebook Files.

facebook files

Nous avons appris beaucoup d’informations accablantes sur Facebook au cours du mois dernier. Les “Facebook Files”, des documents internes publiés dans le Wall Street Journal, montrent que le géant des réseaux sociaux encourage sciemment la colère et la discorde sur sa plateforme, malgré les conséquences politiques et réelles. Aujourd’hui, l’employée de Facebook qui a divulgué ces informations au Journal rend l’affaire publique, un jour seulement avant que Facebook ne participe à une audience du Congrès.

Frances Haugen a rejoint l’équipe Civic Integrity de Facebook en 2019, dans l’espoir de lutter contre la désinformation sur la plateforme. Cette équipe a été constituée pour réduire l’impact négatif de Facebook sur la société, et pour être clair, nous ne parlons pas seulement des élections. Un large éventail de sujets a été étudié par l’équipe Civic Integrity, notamment le potentiel de la plateforme en matière de comportements violents (ce que nous avons vu lors du coup d’État génocidaire de 2018 au Myanmar) et son impact sur l’image corporelle des adolescents. (En supposant que le service ne soit pas en panne, comme ce fut le cas pendant la majeure partie du 4 octobre).

L’un des plus grands défis de l’équipe d’Intégrité civique a été un algorithme controversé que Facebook a adopté en 2018. Pour reprendre les termes de Frances Haugen, cet algorithme encourage les contenus “haineux” et “polarisants”, qui suscitent une réponse émotionnelle chez les utilisateurs et les incitent à en redemander. Facebook a en fait atténué cet algorithme pour ralentir la propagation de la désinformation pendant l’élection américaine de 2020, mais est revenu sur ses changements et a dissous l’équipe Civic Integrity après la fin de l’élection.

Facebook Whistleblower Frances Haugen: The 60 Minutes Interview

Peu de temps après, des insurgés ont utilisé Facebook pour contribuer à la publicité et à l’organisation de l’attaque du 6 janvier contre le Capitole américain. Frances Haugen a alors jugé nécessaire de collecter des “dizaines de milliers” de documents internes à Facebook, notamment des recherches et des communications de l’entreprise, afin de les communiquer aux autorités fédérales à la suite de l’insurrection.

Ces documents confirment que Facebook encourage la division sur sa plateforme, malgré de nombreuses preuves que “les discours haineux, les discours politiques diviseurs et la désinformation sur Facebook et la famille d’applications affectent les sociétés du monde entier.” Et bien que M. Zuckerberg insiste sur le fait que Facebook combat la désinformation et les discours de haine, les recherches de l’entreprise montrent qu’elle “peut [supprimer ou punir] aussi peu que 3-5% de la haine, et environ 0,6% de la [violence et de l’incitation] sur sa plateforme.”

Les documents divulgués par Frances Haugen montrent également que Facebook ignore les preuves de trafic humain et d’autres activités illégales sur ses plateformes, en particulier lorsque ces activités se déroulent en dehors des États-Unis. L’entreprise continue également de développer une application “Instagram pour enfants”, malgré des recherches internes établissant un lien entre ses services et les problèmes d’image corporelle et les pensées suicidaires chez les enfants. (Les recherches de Facebook indiquent explicitement que ses services sont pires pour les enfants que les autres plateformes de médias sociaux).

Le Congrès examinera de près les documents divulgués par Facebook lors d’une audition qui se tiendra demain, le 5 octobre. Bien que nous ne sachions pas ce que nous réserve Facebook, Mme Haugen pense avoir offert au gouvernement fédéral et à la presse des preuves indéniables des méfaits de l’empire des médias sociaux. Comme prévu, Facebook tente actuellement de minimiser ces allégations et affirme qu’il fait tout ce qu’il peut pour lutter contre la désinformation et la violence.