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Examen des meilleurs plans: LES LUDOCRATS # 1



Ludocrates # 1
Crédit: Image
Crédit: Image Comics

Les Ludocrates # 1
Écrit par Kieron Gillen et Jim Rossignol
Art de Jeff Stokely, Tamra Bonvillain et Fernando Argülello
Lettrage de Clayton Cowles
Edité par Image Comics
Avis de Scott Cederlund
«Évaluation Rama: 8 sur 10

Quel genre de bon mariage ne se termine pas par une sorte de combat géant? Ou un oncle qui veut se montrer baigné de sang (seulement une partie du sien) mais doit en être discuté par son ami et partenaire plus pratique? Kieron Gillen, Jim Rossignol, Jeff Stokely, Tamara Bonvillain et Clayton Cowles supervisent les festivités Les Ludocrates # 1, une comédie de mœurs (la plupart mauvaises) où le plus gros crime est ennuyeux, tout comme le marié de ce mariage. C’est une bande dessinée qui ne se prend pas trop au sérieux, car son humour de gouttière adolescente ouvre la voie à un jeu aux proportions épiques.

Tous les créateurs ici travaillent sur un niveau d’humour et de sophistication qui doit les faire rire pendant qu’ils écrivent et dessinent cela. Le livre s’ouvre sur l’épigraphe «Nous avons essayé d’imaginer un monde meilleur. Nous avons échoué. Au lieu de cela, nous l’avons fait. » Et il est difficile de savoir exactement qui est le «nous». Peut-être que ce sont les personnages, Otto et le professeur Hades, qui ont essayé de créer un monde meilleur mais se sont retrouvés dans un monde où Otto cède à chaque désir de base qu’il a tandis que Hades doit essayer de l’encourager à pratiquer une sorte de retenue contrôlée. Ou est-ce les créateurs qui ont rêvé d’un monde meilleur mais qui nous offrent plutôt un univers fantaisiste de violence et de sexe.

Nous ne devons jamais cesser de remercier quiconque n’a pas atteint ses objectifs d’un monde meilleur, car Les Ludocrates # 1 offre le genre de monde dont nous avons besoin en ce moment – un monde qui refuse de se prendre trop au sérieux. C’est un monde où être ennuyeux est un crime. Rien n’a de sens et tout est permis semble être le principe directeur que ces personnages et créateurs vivent ici. Stokely et Bonvillain façonnent cette bande dessinée comme un dessin animé de Looney Toons réalisé avec le sens de l’humour d’un enfant de 12 ans. Ils embrassent l’extravagance de tout, en particulier à travers leurs créations de personnages, et s’amusent avec l’humour de gouttière que Gillen et Rossignol écrivent. L’histoire est très dangereuse avec la violence physique mais aussi caricaturale qu’elle veut être alors qu’elle est remplie de suffisamment de gags visuels et d’une caricature ancienne qui vous donnent juste envie de rire.

L’humour fonctionne en fait comme intrigue ici. Les gags sont ce qui propulse l’action tandis que les personnages se développent autour de ces rires. Alors que l’histoire se déplace de bâillon en bâillon, chaque nouveau bâillon s’appuie sur le dernier, créant le sens de ce monde et de ces personnages. À certains égards, cela ressemble à une parodie d’une bande dessinée de Gillen (en particulier avec une apparition en camée par un personnage de Comics Image beaucoup manquant mais non Gillen). Ses Le méchant + le divin réalisé comme un croquis post-moderne de Monty Python qui se moque de l’étiquette victorienne et des formes de leadership dépassées. C’est une bande dessinée qui parle clairement de vivre en 2020 et du ridicule que nous endurons au quotidien.

L’intrigue est en fait assez simple; un haut fonctionnaire (le frère du grand pape d’Otto) fustige le mariage parce qu’il dénonce son peuple pour “actes grossiers et inappropriés d’être ennuyeux”. C’est l’histoire de ce problème. Mais c’est l’humour, à la fois grossier et perspicace, pour lequel vous devriez lire cette bande dessinée. Il s’agit d’un monde fantastique entraîné par ses appétits et ces appétits sont tout simplement absurdes. Avec son zaniness animé, Les Ludocrates # 1 révèle des gens amoureux de leur vie. La circonférence d’Otto affiche un appétit inextinguible pour l’expérience, tandis que la figure plus contenue d’Hadès est l’ancrage émotionnel de la marque de dynamisme d’Otto.

Cette bande dessinée est son propre identifiant. Il existe à cause et pour ses pulsions fondamentales. Otto incarne ces désirs et fournit l’élan propulsif dans cette bande dessinée drôle. Gillen, Rossignol, Stokely, Bonvillain et Cowles nous donnent ce premier aperçu de ce monde d’action et des envies effrénées qui promettent d’être tout sauf périmées! Si les bandes dessinées ennuyeuses sont un crime, alors Les Ludocrates ressemble à la carte parfaite pour sortir de prison.