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Déconfinement : L’ouverture des terrasses ne suffit pas à satisfaire les restaurateurs parisiens

Les terrasses représentent en quelque sorte la capitale française. Les restaurateurs ne veulent pas s’en contenter et attendent la réouverture des salles.

Les terrasses font partie de la vie des Français, elles s’étendent parfois sur les trottoirs. Incarnation d’un art de vivre à la française, elles marquent une certaine forme de liberté.

Pour la petite histoire, les terrasses remontent aux années 1686 à Paris. Elles étaient destinées à accueillir les femmes, dont l’entrée dans les débits de boissons était interdite. Gérard Letailleur, auteur du livre intitulé « Histoire insolite des cafés parisiens » paru aux éditions Perrin en 2011, confiait que lorsque les femmes sortaient de leurs voitures, elles venaient s’attabler sur les terrasses. L’historien de continuer que les terrasses se sont par la suite répandues sur les grands boulevards au cours du XIXe siècle.

Alain Fontaine, restaurateur à la tête de l’association pour la reconnaissance des bistrots et café de France au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, indique que « Les terrasses, ce sont des aimants terribles ». « C’est un lieu de contemplation : regardez les guéridons, ils sont installés face à la rue, les deux chaises côte à côte pour regarder les gens qui passent et commenter. La terrasse c’est un spectacle, où l’on regarde la comédie humaine se jouer » explique-t-il. « Le café de Flore, les Deux magots… les cafés emblématiques disposent de leur terrasse », et dans Midnight in Paris de Woody Allen, « le héros revient toujours sur les terrasses » poursuit-il.

 

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Les restaurateurs franciliens ne sont pas pour autant comblés par l’ouverture des terrasses et attendent de pouvoir rouvrir enfin leurs salles intérieures. La date prévue pour cette réouverture est le 22 juin prochain.

Des réouvertures progressives

Après plus de deux mois et demi de confinement, ces lieux emblématiques faisant partie de l’ de la France ont disparu du paysage. Ils refont surface actuellement et remplissent les espaces publics permettant ainsi aux restaurateurs de recevoir plus de clients. En Ile-de-France, les terrasses à elles seules offrent l’opportunité aux restaurants et cafés d’ouvrir. Il est à préciser que l’interdiction d’ouverture de l’intérieur des restaurants et cafés reste encore en vigueur jusqu’au 21 juin. L’extension gratuite des terrasses éphémères a été consentie par la mairie de Paris jusqu’à la fin septembre. Elles sont dans la majorité des cas situées le long de commerces. Il est toutefois nécessaire de demander l’approbation des commerçants concernés. Ces terrasses éphémères prennent dans la plupart des cas jusqu’à trois places de stationnement. La ville de Paris envisage également de piétonniser quelques rues, faisant ainsi de la capitale française une terrasse géante à ciel ouvert.

Une mesure qui ne fait pas l’unanimité

 

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L’autorisation octroyée aux seules terrasses de rouvrir leurs commerces en Ile-de-France ne fait pas que des heureux. Les restaurateurs ne sont pas contents de cette mesure qu’ils jugent discriminatoire. Dans l’attente de la date du 22 juin pour la réouverture de tous les restaurants, certains s’impatientent et le font savoir. Un collectif de dix chefs dénonce dans une tribune au Figaro le report de trois semaines de la date d’ouverture complète des restaurants dans la capitale. Cette situation impacte sur le tourisme français. Par conséquent, une somme considérable s’envole au profit des autres capitales européennes.

Selon Alain Fontaine, sur les restaurants classés en zone orange, seul un tiers possède une terrasse et seule la moitié de ces derniers ont ouvert. Selon lui, les gens sortent de moins en moins et les touristes se font rares, notamment à cause du télétravail. Il explique qu’ils sont également à la merci de la climatologie. Avec les attentats, les gilets jaunes et maintenant le Covid-19, c’est une véritable malchance.