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Covid-19 : un impact énorme sur la santé des startups

Selon l’incubateur de startups fondé par Xavier Niel, Station F, un grand nombre de startups a été affecté par la crise sanitaire actuelle. Ce qui n’est guère étonnant au vu des difficultés rencontrées par de plus grosses sociétés. Les plus petites doivent s’armer de patience avant de pouvoir rebondir… si c’est possible.

Cette crise sanitaire est l’une des plus difficiles que le monde n’ait jamais connue depuis l’épidémie de grippe espagnole dans le monde en 1918. Comme à chaque temps de crise, quand certains voient des opportunités d’autres font face à des difficultés qu’ils n’ont pas su anticiper. Effectivement si certaines sociétés ont choisi des activités ou des modèles économiques qui ne sont viables qu’en des temps pérennes, beaucoup arrivent à surfer sur la crise ambiante pour se développer.

Une crise sanitaire aux répercussions énormes

D’une manière générale, une crise entraine toujours un déficit. Des impacts qui demeurent quantifiables dans la vie d’une entreprise. Quand les activités sont à l’arrêt, il est difficile de soutenir une masse salariale. Avec la pandémie du coronavirus, les impacts se situent aux deux pôles du marché : pas de demande, pas d’offres non plus. Formuler autrement, à cause d’une quantité restreinte de produits, des demandes ne peuvent être satisfaites.

Aussi des entreprises ayant adopté un schéma de fonctionnement inadapté à cette période de crise se retrouve en difficulté pour écouler leurs produits ou bien à proposer des services. La crise a fait évoluer les canaux de distribution et a imposé de nouvelles règles, il est donc normal que les sociétés qui n’arrivent pas à suivre cette versatilité du marché se retrouvent en difficulté.

entreprise

Les startups sont bien évidemment concernées par ces nouvelles réalités. Selon une étude menée par Station F, certains arrivent à profiter de la situation tandis que d’autres périclitent. Il faut reconnaitre que la politique des investisseurs de chacun d’entre eux joue également un rôle important. C’est surtout au niveau de la chronologie, entre la levée de fond et l’expansion des activités que l’on peut distinguer ceux qui performent dans un contexte difficile et ceux qui connaissent de réelles difficultés.

Bonnes ou mauvaises fortunes, les startups en première ligne

C’est sur 956 startups que l’étude de Station F s’est portée. Des startups américaines, britanniques, israéliennes, françaises et allemandes. Sur toutes ces startups étudiées, ce sont celles qui se trouvent à un niveau de levée de fonds de série B qui connaissent le plus de difficulté face à la crise. Et ce sont ceux qui sont en phase de pré amorçage qui s’en sortent le mieux. Ce qui est étonnant, car si on suit une certaine logique, les startups les plus avancés dans leurs activités auraient dû être ceux qui résistent le mieux à la crise. C’est pourtant tout l’inverse.

Pourquoi ? D’abord tout simplement parce que la série B est l’étape la plus délicate dans le développement d’une Startup. Plusieurs spécialistes s’accordent là-dessus. C’est un constat qui est tout à fait vrai même sans une crise de cette ampleur. Selon Roxanne Varza de Station F « La série B est le moment où tu commences à avoir des clients partout, tu as recruté des équipes commerciales, donc la crise se fait particulièrement ressentir. Les startups plus jeunes sont aussi plus agiles. »

Des impacts diversifiés à tous les niveaux

Pour mieux comprendre ces problèmes, il est nécessaire de connaitre les différentes phases de la vie d’une startup : Pré-ensemencement (pré amorçage), la graine (amorçage), Série A, Série B et Série C. Voilà, la série C regroupant ceux qui évoluent en totale autonomie. 72 % des startups ont réduit leurs dépenses depuis le début de la crise. 64 % de ceux en phase de pré amorçage ont aussi suivi le même chemin.

les phases de developpement d'un startup
Les étapes de développement d’un Start-up
Source : Capture sur

Les startups les moins développés ont donc eu le temps de revoir leurs stratégies de développement et de modifier l’approche-produit. 18 % des startups se sont ouvert à un nouveau marché et 31 % d’entre eux ont annoncé une modification de la stratégie de mise sur le marché.