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Camélia Jordana : ses propos sur la police condamnés par les médias

Invitée sur le plateau de l’émission de France 2, « On n’est pas couché », le 23 mai dernier, Camélia Jordana a lâché des propos qui ont failli faire l’objet d’une énorme polémique dans les médias.

La chanteuse et comédienne de 28 ans avait évoqué deux phrases qui ont suscité l’attention autour de la violence policière, du racisme et de la crainte envers les policiers. « Il y a des hommes et des femmes qui se font massacrer quotidiennement en France, tous les jours, pour nulle autre raison que leur couleur de peau. Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j’en fais partie. »

Camélia Jordana - On n'est pas couché 23 mai 2020 #ONPC

La mesure de ces propos s’est quant à elle déroulée dans le maintien de l’ordre symbolique sur CNews, BFM-TV et LCI. Pour éviter les débats autour des violences policières et du racisme en effet, ces chaînes d’information ont tout simplement choisi de les commenter en invitant des syndicats policiers et des responsables politiques de la droite. Même si ces médias ont donc choisi de ne pas mettre de l’huile sur le feu, leurs invités ont quand même décidé de laisser des commentaires en long et en large.

Les propos de Camélia Jordana condamnés sur CNews

Plusieurs syndicalistes policiers ont successivement pris la parole sur la chaîne et ont chacun dénoncé les affirmations de la comédienne et chanteuse. La journée du 25 mai a également été marquée par l’intervention des éditorialistes et consultants « maison » de la chaîne qui ont aussi laissé des propos condamnant les dires de la jeune femme. Chacun d’eux ont en effet critiqué les déclarations de Camélia Jordana, alors qu’au cours de l’émission « Punchline », un sondage-minute a révélé que plus de la moitié des participants n’ont pas été choqués par les propos de la jeune femme. Voici quelques déclarations :

-- Gilles-William Goldnadel (« L’heure des pros 2 ») : « C’est du racisme anti-flic […] qui peut-être, allez savoir, cache un racisme anti-français. Moi je prétends que sous le racisme anti-flic, y a du racisme anti-français, et sous le racisme anti-français, y a du racisme anti-blanc ».

-- Ivan Rioufol (« L’heure des pros 2 ») : « Cela revient à déverser un bidon d’essence sur un site qui est enflammé, on ne va pas faire un dessin pour dire aujourd’hui l’état d’insurrection quasi-permanente dans certaines cités ».

-- Élisabeth Levy (« L’heure des pros ») : « J’ai envie de dire à Camélia Jordana qu’il y a des millions de gens qui ne se sentent pas du tout en sécurité quand ils sont face à une racaille. »

-- Brigitte Milhau (« Punchline ») : « Je trouve ça indécent […] Je ne comprends pas comment on peut attiser cette haine avec des propos sortis de nulle part, les mots étaient forts, d’une violence inouïe, comment peut-on laisser dire ça ? »

-- Jean-Claude Dassier (« Punchline ») : « Il y a des propos qu’on peut tenir, et d’autres qu’on ne devrait pas pouvoir tenir […] Ce genre de propos ne devrait pas pouvoir passer ».

-- Charlotte D’Ornellas (« Soir Info ») : « Il y a des victimes qui n’intéressent pas ces militants politiques, ce ne sont pas les victimes qui les intéressent, c’est leur logique à la fois indigéniste et anti-flic. »

Parmi les invités qui soutenaient les affirmations de Camélia Jordana cependant, il y avait le rappeur et producteur Rost ainsi que l’avocat de SOS Racisme, Patrick Klugman. Tous les deux ont effectivement défendu les propos de la jeune comédienne, mais ils ont toutefois été rappelés à l’ordre par les animateurs de CNews. Le seul débat constaté sur le plateau de la chaîne durant la journée du 25 mai résonnait alors autour du « racisme anti-flic ». D’ailleurs, le refrain fut le même sur les deux autres programmes sur BFM-TV et LCI.

La définition du mot « massacrer » et les difficultés du métier de policier

L’invité dans l’émission « Vivre avec » sur BFM-TV, Laurent Neumann » s’est penché sur une analyse d’un mot. Ce dernier a en effet insisté sur la définition de « massacrer » afin de condamner les propos de Camélia Jordana tout en précisant la maladresse de la comédienne dans l’usage de ce mot. « Il faut aller dans le dictionnaire pour aller voir la définition du mot « massacrer » : action de tuer avec sauvagerie et en grand nombre, de tuer indistinctement une population animale ou humaine, soit en partie, soit complètement. Une fois que vous avez la définition de « massacrer », les propos de cette comédienne, chanteuse qui par ailleurs a beaucoup de talent, sont absolument nuls et non avenus, point » a-t-elle précisé.

Enfin, deux interlocuteurs ont quant à eux été présents dans « Audrey and Co » sur la chaine LCI, évoquant tous les deux la difficulté du métier de la police. En tout, on pouvait constater que ceux qui étaient pour les propos de la comédienne se sont faits petits sur la plupart des chaînes ayant traité cette polémique.