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Black Lives Matter : Des manifestants s’en prennent aux monuments

Les protestations contre la mort de George Floyd aux États-Unis sont devenues mondiales. Durant une manifestation antiraciste, des militants ont répandu leur rage sur des statues de personnalités célèbres ayant contribué aux actions coloniales.

Plusieurs manifestations antiracistes ont récemment eu lieu dans plusieurs pays. Apparemment, les militants comptent réellement se faire entendre et leurs actions vis-à-vis des monuments rappelant des figures du passé colonial le prouvent. Sur leur passage, ils ont laissé les statues de celles-ci déboulonnées. Si certains se sont amusés à les repeindre en rouge, d’autres y ont gravé « George Floyd » et « Black Lives Matter ».

Dans le sillage de "Black Lives Matter", le fracas des statues qu'on déboulonne

Les statues prises pour cible

Ce dimanche 7 juin au Royaume-Uni, les manifestants antiracistes de Bristol ont déboulonné la représentation d’Edward Colston, un marchant d’esclaves britanniques du 17e siècle, avant de la jeter à l’eau. Le lendemain à Edimbourg, celle d’Henry Dundas, premier vicomte Melville et homme politique ayant contribué à la continuité de l’esclavage, a été criblée de graffitis par des militants du « Black Lives Matter ». Ôtée d’un square, celle de l’ancien roi des Belges Léopold II n’a pas échappé à la règle à Anvers, en Belgique, deux jours plus tard.

L’avis d’un spécialiste sur ces actes

« Ces multiples actions sont en rapport avec l’indignation générale après la mort de George Floyd aux États-Unis. Il y a un mouvement qui s’exprime dans la jeunesse britannique, comme dans de nombreux pays, contre les hommages qui sont rendus à de tels personnages historiques. Il y a un lien direct entre la condition des Noirs américains et l’histoire de l’esclavage, avec d’abord une déportation massive de populations d’Afrique vers l’Amérique, ensuite une histoire de la ségrégation avec des lynchages courants. L’histoire de George Floyd est un écho sinistre de cette époque des lynchages », explique le professeur d’histoire et de civilisation britanniques à l’université Paris-IV-Sorbonne, Fabrice Bensimon sur France 24.

Ces symboles remis en cause

Dans le viseur des militants antiracistes, ces symboles ont pourtant un rôle à tenir dans l’histoire et dans le sillage politiques. « Une demande fréquente des militants de la mémoire est que ces statues soient dans des musées en tant que témoignages du passé, ou qu’elles disparaissent, ou encore qu’elles soient détruites », explique l’historien à ce sujet. D’autre part, une représentation du colonialiste Cecil Rhodes fait l’objet d’une polémique entre les manifestants et les autorités, ces dernières qui sont contre la contestation du passé colonial.

À Londres, le maire Sadiq Khan a par exemple ordonné le déboulonnement de la statue du planteur esclavagiste Robert Milligan le 9 juin, en prétendant vouloir « une ville qui reflète mieux la ville ». « Nous ne devrions pas commémorer ou faire mémoire des personnes qui ont été esclavagistes », a-t-il ajouté au sujet de ces figures. En Belgique, la représentation du roi Léopold II a finalement trouvé sa place dans le secteur d’Ekeren au musée Middelheim.